Magali Baribeau Marchand
Magali Baribeau-Marchand est une artiste en arts visuels établie à Saguenay. Sa pratique, entre installation sculpturale, photographie, livre d’artiste et vidéo, explore la rencontre entre éléments bruts et délicats afin de révéler des signes poétiques inattendus. Elle réalise des expositions, des résidences, des projets de recherche et des œuvres d’art public au Québec comme à l’étranger.
Artiste professionnel·le
—
Membre actif
Biographie
Établie à Saguenay, Magali Baribeau-Marchand est artiste en arts visuels. Sa pratique se décline par l'installation sculpturale, l'imprimé photographique, le livre d'artiste et la vidéo. Par une rencontre entre éléments bruts et délicats, ses propositions agissent sur notre faculté à percevoir les signes poétiques là où on ne les attend pas. Ayant complété une maîtrise en art à l'Université du Québec à Chicoutimi en 2023, elle réalise des expositions, des projets de recherche, des résidences de création au Québec comme à l'étranger, ainsi que des œuvres en art public. Collaborant souvent avec d'autres artistes et écrivains, elle a notamment co-fondé avec Mariane Tremblay le Club de prospection figurée.
Travaux récents
Une sélection de projets récents développés dans le cadre de la pratique.
Démarche et recherche
Dans un rapport au monde portant une grande attention à la temporalité, aux espaces et à la présence, ma pratique en arts visuels sonde et explore la matière sensible dissimulée dans le quotidien ordinaire, cette trame infra-ordinaire qui agit sur notre perception du visible et de l’invisible, de l’infime et du signe poétique, de la présence et de l’absence, de l’apparition et de la disparition. Selon l’écrivain français Georges Perec, l’infra-ordinaire est une anthropologie de ce qui se passe chaque jour, du banal, de l’évidence qui met la lumière sur l’endotique plutôt que l’exotique. Il s’agit d’une relation au monde intrinsèquement liée à la prise de conscience du détail et du fragment, dans le but de les rendre visibles et signifiants.
Utilisant les objets comme des métaphores, comme les signes d’un dialogue, j’élabore des installations protéiformes (objets, éléments photographiques, sculpturaux et cinétiques) et des interventions in situ ou in socius qui tendent, par une rencontre entre éléments formels et symboliques, à provoquer un réenchantement du quotidien. Privilégiant le médium de l’installation pour son caractère immersif, mais aussi pour mettre en évidence une certaine indétermination de la forme menant à une ouverture du sens, je déploie des corpus d’objets, des univers bricolés à la fois épurés et rigoureux, entrant en relation avec l’espace et le public. Je travaille avec délicatesse et minutie, pour magnifier la fragilité et la précarité des matières et des objets. J’échafaude des récits morcelés, fragmentés, à mi-chemin entre poésie, archéologie et dérive narrative.
Mes recherches entretiennent un lien de proximité au territoire et au déplacement, se déployant souvent sur le terrain par le biais de collectes et de rencontres. Je m’intéresse au processus du faire et aux conditions d’émergence de l’œuvre, de même qu’à la trouvaille, aux restes et à la trace. La sérendipité, c’est-à-dire le fait de trouver plutôt que de chercher et d’utiliser ce que l’on trouve pour créer, guide mes recherches et m’amène à développer une acuité face au potentiel poétique du quotidien.